Romy et les choses de ma vie de Marilena Netzker

Distribution et Mise en scène : Marilena Netzker

En 1976, Romy Schneider la grande actrice de cinéma, rencontre la journaliste Alice Schwarzer à Cologne pour lui livrer un récit intime et sans fard. Cette interview, enregistrée sur magnétophone, restera longtemps dans le tiroir de cette journaliste qui n'en révèlera le contenu que quarante-deux ans plus tard. Romy y parle sans détour de son enfance, de sa vie et de son "spleen germanique".

Marilena Netker en a tiré un seule en scène d’une heure quinze, où elle nous parle au nom d’un spleen germanique qui est aussi le sien. Elle y aborde l’inabordable par une expérience théâtrale en s’éloignant d’un biopic classique. La comédienne utilise la danse, la musique et les voix multiples de Romy et de son entourage, pour mieux cerner cette grande comédienne qui était incapable de tricher.

Le spectacle glisse sur des mouvements de balanciers entre l’Allemagne et la France, entre une parole de clown et une réflexion profonde sur la condition de la femme, entre un cercle familial étouffant et le mirage du cinéma des années 70, entre la distance d’une journaliste et les mots subversifs d’un journal intime.

La libération de la parole a lieu lors de cette rencontre et son résultat est un récit inattendu, qui nous révèle une Romy Schneider inconnue. Et c’est grâce à son témoignage qu’on se rendra compte du courage dont elle fit preuve pour partager le plus subtile de ses attentes… avec la plus grande justesse possible.

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Cette panoplie d’émotions que Romy Schneider nous a léguée dans son jeu nous aidera à ressentir l’urgence des émotions que nous étouffons pour « sauver la face ». Le récit intime de Romy est un défi surprenant pour creuser dans notre spleen à nous, sans filtre et sans fard. 

Son spleen germanique fut aussi pour Romy une force ludique, une lumière dans le regard pour enchanter le sourire de l’actrice. Elle le définit comme une contradiction continuelle et totale, se percevant à la fois, selon les mots d’Alice Schwarzer, comme « courageuse et craintive, révoltée et conformiste, surdouée et rongée par le doute ». Comment rendre justice au spleen germanique sans dévoiler ou trahir Romy Schneider, cette femme qui avait tellement de choses à en dire ?