Le maître de Santiago d’Henri de Montherlant

Distribution et mise en scène :

 

Dom Gregorio Obregon : Rui Ferreira

Tia Campanita : Claude Gentholz

Comte de Soria : Pascal Guignard

Dom Alvaro Dabo : Jean-Luc Jeener

Don Fernando de Olmeda : Alfred Luciani

Don Enrique de Letamendi : Nenad Milosavljevic

Marquis de Vargas : Alexandre de Pardailhan

Mariana : Coralie Salonne

Don Bernal de la Encina : Pierre Sourdive

 

Metteur en scène : Patrice Le Cadre

Costumes : Catherine Lainard

Décors et lumières : Patrice Le Cadre

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20h30 le 11 à Veauce

20h30 le 10 à Monétay

20h30 le 12 à Monteignet

20h30 le 9 à Marigny

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1519, Avila, vielle Castille. Don Alvado Dabo, grand maître de l’ordre de Santiago, refuse de s’impliquer dans la conquête du nouveau monde. Alvaro souffre de voir les chevaliers s’éloigner de l’ordre moral et critique les principales raisons de ces expéditions, guidées par l’ambition personnelle et les soucis d’enrichissement. Il entame un discours anticolonialiste qui scandalise ses amis et dans lequel il décrit les horreurs commises par les espagnols et l’évangélisation des indiens. Les paroles d’Alvaro précipiteront l’implosion de l’Ordre, déjà fragilisé. Don Bernal, le meilleur ami d’Alvaro, entreprend alors de convaincre ce dernier. Il évoque l’amour réciproque de leurs deux enfants, mais aussi l’impasse dans laquelle ceux-ci se trouvent en raison de la situation financière inconfortable des deux familles. Sa tentative reste vaine et la riposte d’Alvaro est virulente. Bernal décide donc, avec l’accord de la fille d’Alvaro, Mariana, de mettre au point une mystification…

Montherlant touche ici à des choses qui dérangent, scandalisent même. La première préoccupation doit être de permettre au spectateur d’entrer dans l’univers austère d’Alvaro. Un homme tendu vers Dieu qui ne tolère que la perfection, méprise les compromissions, l’argent, les biens matériels, et qui se perçoit comme assailli d’outrages, meurtri par sa vision d’une Espagne corrompue. Il s’agit aussi d’appréhender la nature du renoncement de sa fille, Mariana, qui voulant préserver l’intégrité de son père est sacrifiée à l’idée que celui-ci se fait de l’honneur et de la sainteté. Mais cette quête obsessionnelle de pureté et cette démarche mystique ne conduisent-elles pas à un fourvoiement spirituel et une identification christique conduisant au rejet de sa propre nature humaine ? Dans cette perspective, la mise en scène a été  orientée sur le dépouillement, aussi bien dans le jeu quasi hiératique des comédiens que dans la scénographie… un spectacle sculpté dans le silence afin qu’à chaque seconde les mots de Montherlant nous livrent leur profondeur… et leur pesant d’or.